La statistique choque : les dix géants africains, en termes de population, n’émettent collectivement qu’une fraction infime du CO₂ mondial, moins de 4 %. Pourtant, ce sont eux qui encaissent de plein fouet l’addition salée des catastrophes climatiques. L’Afrique de l’Ouest a vu la sécheresse doubler en trente ans. Dans le Sahel, la température grimpe deux fois plus vite qu’ailleurs, flirtant déjà avec une hausse de 1,5°C au-dessus de la moyenne mondiale.
Ce tableau ne s’arrête pas là. Les fonds venus de l’étranger, censés soutenir l’adaptation au chaos climatique, couvrent à peine une portion minime des besoins recensés par les gouvernements africains. Moins de 10 %, c’est le montant qui atterrit réellement sur le terrain. Et malgré une mosaïque de ressources naturelles, la dépendance persistante aux exportations agricoles et minières laisse le continent exposé, sans filet, aux caprices du climat.
Les plus grands pays d’Afrique à l’épreuve du dérèglement climatique : constats et réalités
Sur le continent africain, aux dimensions et aux visages multiples, la réalité du changement climatique frappe avec une intensité particulière. Les populations du Nigeria, de l’Égypte, de l’Éthiopie, de la République démocratique du Congo et de l’Afrique du Sud portent sur leurs épaules des enjeux démographiques colossaux. Pourtant, une évidence saute aux yeux : leur part dans la pollution planétaire reste dérisoire. L’Afrique, en quelque sorte, subit une double peine, exposée, mais peu coupable.
Le quotidien ne laisse aucun doute. La Corne de l’Afrique s’assèche, les chaleurs s’allongent au sud, et les épisodes météorologiques brutaux s’enchaînent, ébranlant directement la production agricole. Résultat : la sécurité alimentaire vacille, la malnutrition s’étend, les déplacements forcés se multiplient. L’instabilité climatique redéfinit la vie de millions de personnes, bouleversant jusqu’aux équilibres locaux.
Dans ce contexte, l’adaptation devient une question de survie. Pourtant, les enveloppes financières promises par la communauté internationale ne suivent pas. Les appels africains pour une réelle justice climatique résonnent : accès aux technologies propres, développement des énergies renouvelables, accompagnement de la transition. La plupart des pays cherchent à conjuguer croissance et résilience, mais les moyens font défaut et les défis s’accumulent.
Comment le Nigeria, l’Égypte, l’Afrique du Sud et l’Algérie s’adaptent face à des défis inédits
Face à cette réalité, chaque grand pays africain tente de tracer sa propre voie. Au Nigeria, la sécheresse du nord et les inondations du sud imposent une refonte complète de la gestion de l’eau. Les autorités parient sur la construction de barrages, l’irrigation à grande échelle et une agriculture modernisée. Mais la démographie galopante, l’urbanisation accélérée et l’appétit pour les hydrocarbures ralentissent la transition.
En Égypte, l’avancée des eaux salées sur le delta du Nil bouleverse l’agriculture. Pour réagir, l’État investit massivement dans le dessalement et multiplie les projets solaires et éoliens. La sécurité alimentaire occupe désormais une place centrale dans les politiques publiques, car les récoltes deviennent plus incertaines sous la pression du climat.
Les exemples de stratégies nationales illustrent la diversité des réponses déployées :
| Pays | Stratégies d’adaptation |
|---|---|
| Afrique du Sud | Développement massif du solaire et de l’éolien, diversification du mix énergétique, politiques de gestion de la ressource en eau. |
| Algérie | Investissements dans les énergies renouvelables, lutte contre la désertification, reboisement, modernisation de l’irrigation. |
Ce qui fait la différence, c’est la capacité des gouvernements à bâtir des politiques cohérentes et à mobiliser des financements mondiaux. L’équation est rude : arbitrer entre urgence sociale, développement économique et contraintes écologiques. Les chemins divergent, mais partout la tension monte : il n’y aura pas de pause climatique pour l’Afrique.


